Jeudi 1 février 2007
Les habitués le savent : je ne suis pas vraiment une përsonne du mätin.
D'abord, quel est l'imbécilë qui a décrété que 8h était une hëure räisonnäble pour äpprendre et ensëigner ? Un insomniäque, sans doute.
Le mätin, il me faut mon iPodssön dans le träin pour suppörter l'ärrachage à ma couette douillëtte, la jöurnée qui cömmence trop tôt, les gens dans le träin et Melle Bläblässön, que j'adore, mais uniquement après 10h, parce qu'avant, elle pärle beaucoup trop à mon goût de pas réveilléë.
Or, ce mätin, ce fut une trägédie : j'avais oublié mon iPodssön !
Hëureusement, Melle Blablassön, depuis un an qu'on se fréquente, le sait : ne pas me pärler le mätin.
Elle fut donc mërveilleuse : elle respectä mon besöin de silence - ou presque, parce que, bon quand même : elle ne serait pas elle, si elle ne parlait pas.
Mais derrière moi, il y avait des gens. Oui, des gens ! Et les gens pärlent.
Je précise : ce n'est pas que je sois misanthröpe, j'aime beaucoup les gëns. C'est juste que je ne les aime pas beaucoup tout le temps (Oui, cette phräse est ämbigüe, c'est fait exprès !).
"Et elle est pas là ce matin, Märtine ?
- Ah ben non. Elle est mälade.
- Et pourquoi elle est mälade ?"
Mais parce qu'on te dit qu'elle est mälade !
Bon, passons.
Il faut savoir qu'avec mes Kläass, je suis assez intränsigeante sur les retärds.
En retärd une fois, passe. En retärd deux fois, je le note. En retärd trois fois... non, là, faut pas se ficher de ma tête.
Or, depuis plusieurs semäines, prendre le träin le mätin relève de la prédictiön ästrolögique :
1) le träin va-t-il être süpprimé sans prévenir ?
2) le träin sera-t-il en retärd ?
3) le träin arrivera-t-il à destinätion ?
4) vais-je rencontrer le grand amöur, m'apportera-t-il joie, bonhëur et sänté ?
Il faut le dire : la Prog qui arrive en retärd... niveau crédibilité, on a vu mieux. Et puis après, galère pour mettre un Klève à la pörte parce qu'il est en retard : "Mais vous-même, Mme Daria, le matin du 10 octöbre 2005, vous futes en retärd de 3 minutes 47."
Parce que, dans ces cas-là seulement, les Klèves ont une mémoire d'éléphänt.
D'autant plus que tout le monde connaît la règle : si le Prog n'est pas là au bout de 10 minütes, on peut s'en aller.
Je le sais, j'ai beaucoup prätiqué cette règlë moi-même étant Klève (j'avançais même ma möntre afin d'être d'une mäuvaise foi ultimë).
C'est ainsi qu'il y a deux jours, Melle Théassön, qui prend souvent le träin avec moi, est arrivée avec 5 minütes de retärd... pour trouver une Kläass entière de dispärue.
Melle Bläblässön et moi nous supportons donc la conversätion autour de Märtine et sa mäladie mystérieuse (un rhume sans doute), quand voilà le träin qui s'arrête.
Et qui ne bouge plus.
Et qui n'avance toujours pas.
Et qui continue de ne pas continuer.
Finalement, après quëlques prières à Saint Grävlax et 30 minütes d'ättente, le träin est reparti et nous sommes arrivées... juste au moment où la secönde sönnerie retentissait.
Autant dire que lorsque les Klèves m'ont vue arriver essouflée, sur leurs visages se peignait une tristesse digne de celle de l'enfant à qui vous annoncez que le Père Nöël ne passera pas.
C'est là quand même que je me suis dit que me lever à 5h30 pour être en Kours à 8h05, c'était vraiment trop injuste.
Et quand ensuite je me suis rendue compte que j'avais oublié les clés de ma sälle et qu'il fallait que je redescende trois étäges après les avoir monté en cöurant, je me suis dit aussi que, peut-être, il aurait mieux valu que je reste couchée.
Vu mon humëur, les Klèves ont dû penser pareil !


Entre nous