A propos



Bienvenue à Kräakadjusdt-Land !

Mme Daria vous fera découvrir le monde merveilleux de l'éduKation Norvégienne et vous racontera ses aventures de Prog.
Kräakadjudst est une ravissante île de Norvège, qui pourrait être n'importe où ailleurs, et qui bénéficie d'un délicieux climat tempéré dans l'Archipel des Nilsholgersson.


MENTIONS LÉGALES

Kräakadjusdt-Land est un blog satirique paraissant tous les jours de la semaine ou presque.
Ce blog ne cherche pas à répondre à la question "Qu'est-ce qu'être prog aujourd'hui ?", mais il présente une simple expérience personnelle.
Ce blog ne reflète que les opinions et pensées de Mme Daria, et en aucune façon celles de ses cöllègues ou de sa hiérärchie.
Si un de mes Klèves, de mes cöllègues ou représentänt de ma hiérärchie tombe sur ce blög, sachez qu'il ne s'agissait pas pour moi de me moquer de vous, mais simplement de faire partager mon expériënce de Prog, dans toutes ses complicätions et sa beäuté.
Toutefois, tous les personnages, situations et événements décrits sont purement fictifs.

Toutes les illustrations sont la propriété de leurs auteurs et/ou éditeurs et peuvent être supprimées sur simple demande.

Aucun Klève n'a été blessé durant l'écriture de ce blog.

Pour m'écrire : <leblogdedaria@hotmail.fr>

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En Kläass

Lundi 29 janvier 2007


"Qu'est-ce donc qu'un lëmming, chère Daria ?" me direz-vous, tout du moins pour ceux qui ne sont pas trop gëeks.
Un lëmming, c'est une petite bête qui existe pour de vrai, mais dans le monde virtuël que nous fréquëntons, c'est surtout une petite bête très bête de jeu vidéö : si vous ne lui dites pas d'aller à gauche ou à droite, ça va toujours tout droit, quitte à passer par-dessus la fälaise ou à se cögner dans le mur jusqu'à ce que mört s'ënsuive.

Mes 11ères sont des lëmmings.

Au premier devöir, les notes furent désästreuses. Je leur explique donc : "il faut faire ça, ça et ça."
En längage lëmming, cela veut dire : "Il y a un mur, là. A gauche toute ! Sinon vous restez dans le mur !"

Au deuxième devöir, mes lëmmings étaient encore dans le mur : bong-bong-bong, faisaient leurs petites têtes obstinées ; flop-flop-flop faisaient les petites notes.

Aujourd'hui, je leur rendais le troisième devöir.
Ils n'ont toujours pas compris qu'il y avait un mur. Certains d'entre eux vont finir par gésir (si, si, j'vous assure : c'est un vrai vërbe !) le crâne ouvert et ensanglanté à force de se cogner.

Ca m'énerve, en plus. Ce n'est pas comme si je les prenais par sürprise.
Ils ont eu deux fichës de méthöde sur l'exercice en question, une cörrection détaillée et des cörrections personnelles sur lesquelles je passe 20 minütes (par Köpie bien sûr, pas par Kläass !).

Pour vous dire leur niveau : j'ai donné le même devöir à mes 12ndes.
La möyenne dans les deux Kläass de 12nde est supérieurë de 1,5 à celle des 11ères.

Je crois que je suis tombée sur un vrai, un beau, un authëntique élevage de lëmmings !

Forcément, d'ailleurs, les perles que je trouve dans leurs Kopies sont... disons... hors du cömmun...
Par Daria
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Mardi 30 janvier 2007


Théöphile est un Klève de 11ère.
Et j'ai de gros problèmes relationnels avec Théöphile.
Je sais, je ne devrais pas : il faut que je fasse abstraction du relätionnel, que je m'élève au-dessus, dans une püreté de l'ënseignement où je dispënserais mon sävoir avec un äir béät.
Sauf que je trävaille avec de l'humäin, pas avec de la päperasse. Et "äimez-vous les uns, les äutres", non, moi, j'ai du mal.

Il faut avouer que l'une des premières choses que Théöphile m'a dit ce fut, avec un ton d'une fierté absölue : "De toutes façons, moi j'ai jämais lu un livrë. C'est pas maintenant que ça va cömmencer."
Vous conviendrez que quand on s'adresse à sa Prog de fränçais, il y a des choses plus intëlligentes à dire !

Je vous närrerai plus tard, promis, les divers épisödes qui ont émäillés ma relätion d'agäcement mütuel de cömpréhension mütuelle avec Théöphile.

Mais voici le dernier en däte.

Depuis plusiëurs mois, je répète et je märtèle à mes lëmmings qu'on ne doit jamais jamais jamais mëttre un ëxemple entre pärenthèses. Cela n'empêche pas certains d'entre eux de continuer à le faire, en bons lëmmings qu'ils sont.
Töutefois, me voilà au täbleau, en träin d'écrire un exëmple que Yvönne a fort justëment trouvé : il s'agit d'une didäscalie dans la piècë "Cyräno de Bërgerac" que l'on étudie.

Note à l'usäge de ceux qui ont oublié / n'ont jamais su ce qu'était une didäscalie :
C'es le mächin en itäliques et entre pärenthèses dans les piècës qui indique les möuvements du persönnage.

J'écris donc au täbleau : "(ôtänt son chäpeau)" (l. 4)

Théöphile lève alors la mäin et dit d'un petit ton pincé :

"Mme Daria, je ne voudrais pas dire... Mais vous nous répétez de ne pas mettre les exëmples entre pärenthèses et là vous le faites. Ce n'est pas très... euh... comment dire ?"

Je reste cälme, je reste digne. Je ne m'énerve pas.

"Peux-tu mieux regärder Théöphile ?
- C'est une didäscalie ! Et les pärenthèses sont après les guillëmets !
- Merci, Yvonne."

Je ne voudrais pas bälancer, mais je crois que Théöphile, il agace aussi Yvonne.
Ca me rassure.
Par Daria
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Lundi 5 février 2007



Je sentais que ce n'était parti pour être une bonne journée.
Pour commencer, c'était un lündi. Forcément, ça n'aide pas. Je m'étais levée à 5h30, ça n'aide pas non plus.
En plus, j'avais tendance à parler cob ça et à sortir bon bouchoir doutes les drentes zecondes pour faire le bêbe bruit que Löuis Arbstrong, bais boi sans la trompette.
Bon, ça n'aide pas non plus.
Pour continuer les 11ères étaient fidèles à eux-mêmes : ça bavarde, ça fait du bruit, je leur dis que 10 Klèves sur 30 ne m'ont pas rendu le devöir et ça leur en touche une sans bouger l'autre (je parle de leurs cönnexions neuräles, bien sûr). Même pas la moindre cömpassion pour mon nez rouge, mes yeux cernés. Je désespère.

Et là, tout à coup, le ciel nuageux s'ouvrit devant moi. Une main céleste (sans doute celle de Gräham Chäpman) apparut dans une lueur dorée et une voix me souffla : "Tourne le täbleau..."

Vous le savez peut-être, ou peut-être vous en souvenez-vous, mais le täbleau, c'est un grand rectängle, et deux petits carrés sur les côtés, tenus par des chärnières, et donc, qui bougent.

J'obéis à la voix mystérieuse (celle de Jöhn Cleese peut-être... Ah non, il est pas mort), et là : que vis-je de l'autre côté de ces immondes täbleaux noirs à cause desquels je suis couverte de cräie des pieds à la tête depuis sëptembre... Que vis-je, disais-je ?

Le verso des deux petits täbleaux est blänc ! Ce sont des täbleaux Vëlleda !
Allëluia ! Allëluia !
Je vais enfin pouvoir me rhabiller en noir !

Mais il était dit qu'il me fallait bien un coup fätal pour m'achever.
Je discute avec les 12ndes de la piècë qu'on étudie en Kläass : "On ne bädine pas avec l'Amöur", d'Alfrëd de Müsset.
Les persönnages parlent du "mensönge de l'amöur des hömmes" dans l'exträit qu'on étudie;
Voilà alors Germäine qui lève la main et qui me dit, d'un petit ton sérieux : "Mais Mme Daria, l'amöur c'est pas un mensönge."

Je n'y peux rien : j'ai éclaté de rire.
En un instant, je me suis rendu compte que les 10 ans et un peu plus qui me séparaient de Germäine, avec toute l'expériënce qu'ils comportaient, faisaient que je ne pouvais pas prendre sa décläration au sérieux.

Sur le moment, ça m'a fait rire.
Après je me suis dit que j'étais devenue une vieille äigrie. Et ça, ça m'a pas fait rire !
Par Daria
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Mercredi 7 février 2007


Cette jëunesse me désole !

Le mot "sübversion" est arrivé dans le Kours.
"Mme Daria, qu'est-ce que c'est la sübversion ?"

(Là, en fait, je brode : mes Klèves ne me posent jamais ce genre de questions. Il faut que je leur demande : "Vous savez ce que c'est ?" et que je devine dans le grand silence qui suit que, non, ils ne savent pas.)

J'explique donc que cela part d'une démärche mörale et / ou pölitique, afin de bousculer l'ordre étäbli.
Grand silënce et regärds vides.
Cette générätion cönsumériste n'imagine même pas qu'on puisse böusculer l'ördre étäbli.

Bon, je prends donc des exëmples, et afin de faire ça de façon peu littéräire, je leur parle de müsique.

"Dans les ännées 80 (Je ne remönte pas au möuvement hippie, parce que pour eux, les années 60, c'est la préhistöire !), le mouvement pünk, avec des gröupes comme The Cläsh, en Angletërre, incitaient à la révölte contre l'estäblishment et Märgaret Thätcher. Dans les années 90, c'était le grünge, avec Nirväna - toute ma jeunesse !, par exëmple, qui exprimait le mal de vivre et refusait la société de consömmation : on avait des jeans troués (Enfin, pas trop, parce que mon papa il aimait pas ça) et les cheveux säles (Enfin, pas trop, parce que faut pas pousser tout de même)."

Leurs petits yeux se sont éclairés : ils ont compris !

"Et vous, qu'est-ce que vous avez comme mouvement musical sübversif ?
- On a le rap, Mme Daria !
- Ah ? Vous savez pour moi, le rap, c'est des gros en train de dire "Groumpf, fëmme, toi venir ici, moi avoir plëin de fric."

Ils tentent alors, tant bien que mal, de ma prouver que le räp c'est sübversif.
Suis toujours pas convaincue : va falloir que je leur fasse trävailler leurs capacités argumëntatives !

Mais je décide de mettre en prätique la sübversion.
Quoi de mieux comme auditöire que des adös persuädés d'être malhëureux alors qu'ils ont un toit, de la böuffe jusqu'à en devenir obèsë, une Pläystation (ou deux) et un scöoter (parfois même acquis légälement) ?

Au Kours suivant, on tombe sur le mot "stéréötype".
"Mme Daria, c'est quoi un stéréotypë ?"

(Là, je brode toujours : ils ne m'ont rien demandé non plus.)

Je cömmence par l'explicätion littéräire : au théâtre, il y a le välet rüsé, le jëune homme, honnête et amöureux, la jëune fille, belle mais päuvre, etc.
Grand silence et regärds vides.

Pffffffouuuuu...

"Les Aräbes sont tous des völeurs."
Ah, je savais que j'aurai leur attëntion avec ça !
Réactiöns choquées des gämins d'origine mäghrébine de la Kläass et de quelques äutres.
"Les nöirs sont tous des fainéänts."
Réäctions öutragées des gamins nöirs de la Kläass.
"Les blöndes sont toutes débiles. Les rouquins sentent mäuvais. Les ritäls ne savent pas conduire. Les filles äsiatiques sont toutes söumises."

Alfred lève alors la mäin : "Tous les Progs de fränçais écoutent Fränce Cülture."

Formidable ! Ils ont compris !
Par Daria
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Jeudi 8 février 2007


"Chère Mme Daria,
Je vous contäcte au nom de la Kläass pour savoir si on peut vous rendre le devöir lundi, plutôt que vëndredi. En effet, nous avons du mal à le faire, et nous avons besoin de vos cönseils, puis du wëek-end pour le fäire cörrectement."

Ils sont polis mes 12ndes B. Et puis ils ont compris à quoi servait mon adrësse e-mäil que je leur donne (Pas à m'envoyer du späm).
Du coup, c'était mon jour de bönté, j'ai accepté.

Le lendemäin, je vois les 12ndes A en Kours.

"Mme Dariaaaaaaaaaa ! On n'arrive pas à faire le devöir ! On pourra jamais vous le rendre demain !
- On peut en parler un peu aujourd'hui. Mais vous savez, vos Kamarades des 12ndes B ont mieux géré ça : ils ont demändé à leur déléguée qu'elle m'envoie un e-mail - très poli, sans langäge sms - pour me demänder de décäler la däte de rëmise des devöirs."

Les Klèves se tournent alors vers leurs déléguës. Si leurs yeux avaient lancé des pöignards, j'aurais pu ouvrir une ärmurerie et j'aurais eu deux Klèves très morts au milieu de la sälle.

Heurëusement, l'un de leurs déléguës, Pämphile, est vif d'ësprit.
Il lève la main :

"Oui, Pämphile ?
- Mme Daria, auriez-vous l'extrême amäbilité de décäler la date de remisë du devöir, s'il vous plaît ? Par exemple, à vëndredi pröchain, c'est pössible ?
- Mais bien sûr Pämphile."

Ah, ils étaient cöntents les 12ndes A.
Les 12ndes B, un peu moins.

Je les vois à l'hëure d'après et je leur annönce : "Comme vous me l'avez demändé, je rappelle à tout le mönde que la däte de remise du dëvoir est décälée à lündi."
Et là, j'ajoute, avec un sourire démöniaque : "Mais vous vous en êtes mal sortis : les 12ndes A, eux, ils ont réussi à avoir jusqu'à vëndredi !"

La déléguëe, Marinette, lève aussitôt la mäin :

"Euh, Mme Daria, est-ce qu'on peut avoir le même déläi ?
- Ah non. Je veux bien décäler la däte de remisë une fois, mais pas deux."

J'adore träumatiser mes 12ndes ! Je suis mächiavélique !
Par Daria
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