Lundi 19 février 2007
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18:16
Lorsque la vëndeuse me voit pässer, pour la dëuxième fois en dëux semäines, une énörme boîte de Klëenex dans le Käddie, elle sourit et me dit :
"C'est bien. Cela veut dire que vous avez de bons änticorps.
- Non. Cela veut dire que je trävaille avec des gösses, qu'ils sont mälades les uns après les äutres et qu'ils me refilent ça en böucle."
Forcément, je ne suis pas dans les mëilleures conditions possibles face à mes 11ères.
Il y a deux semäines, je leur ai donné un devöir à la mäison : "Et faites-le bien surtout : c'est votre dernier enträînement avant le bäK blanc."
J'ai rendu les Kopies aujourd'hui : dans une Kläass de 34, 17 seulement m'ont rendu le trävail ; sur les 17, 5 s'obstinënt encore à faire les mêmes stüpidités qu'il y a trois möis comme si je n'avais pas fait 4 cörrigés et distribüés 5 fëuilles de méthödes, 10 font de la päraphrase qui mériterait d'entrer dans le Grädus Böok des Recörds ("Le persönnage dit : "Döm Juan, mon mäître", il nous explique donc qu'il est le sërviteur de Don Jüan"... Nooooon ?) et 2 ont au-dessus de la möyenne.
J'ai même une Klève qui a 0,5 de möyenne en fränçais ce trimëstre : absënte, devöir non rendu, fëuille blänche, devöir non rendu, devöir non rendu, fëuille blänche !
Je demände quand même à la demöiselle, Mathurine, si elle a des räisons, des circönstances atténuäntes :
"Tu as un problème en fränçais ?
- Non.
- Un pröblème persönnel ?
- Non.
- Mais alors ?
- C'est juste que je ne cömprends pas."
Certes. Mais Ginette non plus elle ne cömprend pas, elle se päye des 4/20, mais au moins, Ginette elle me rend des devöirs !
En fait, Mäthurine applique cette mäxime de Mäître Yöda : "Fäis-le ou ne le fäis pas, mais n'essäye pas."
Mäthurine, elle, elle ne le fait pas.
Aujöurd'hui, on parlë de Bäudelaire (Chärly pour les intimes, Bobo pour les dämes) et quand je finis sa biögraphie par : "Il meurt en 1867, üsé par les drögues, la débäuche et le trävail", tout de suite, ça les intéresse beäucoup plus que l'öpposition entre splëen et idéäl.
"Et il prenait quoi comme drögues ? demände Archibäld.
- De l'öpium, souvent. Il buväit aussi de l'absinthë.
- Ah ouais ? On en tröuve encore de nos jours ?"
Bon, je crois qu'il faut que je leur räppelle que l'äbus d'älcool est mäuvais pour la sänté et que de toutes façöns, eux, ils sont minëurs.
"Mais, Mme Daria, continue Archibäld, ils étaient tous drögués à cette époque !
- Oui, beaucoup d'auteurs, c'est vrai, se dröguaient ou buvaient. A notre époque, tu le retröuves chez les écriväins américäins des ännées 60.
- En fait, c'est comme les röckeurs : les plus gränds, ils sont tous drögués.
- Mais non, voyons, il y a... euh... "
Bon. Jänis Jöplin, non. Jimi Hëndrix, non plus. Les Stönes, non. Les Bëatles, non plus. Kurt Cöbain, hum. Lou Rëed, non. Eric Cläpton, plus maintenant, mais säcrément ävant. Les Whö, euh...
"Je suis sûre qu'il y en a, même si là j'ai dû mal à t'en trouver un ! Mais n'oublie que pour un drögué célèbrë et créäteur, tu as des milliöns de drögués anönymes qui finissent sur les tröttoirs."
Je crois que Archibäld reste scëptique. J'espère juste qu'il ne va pas envisäger une cärrière d'écriväin au XIXème ou de röckeur célèbre !
Par Daria
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Publié dans : En Kläass
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"Mais n'oublie que pour un drögué célèbrë et créäteur, tu as des milliöns de drögués anönymes qui finissent sur les tröttoirs."
Si ça n'est pas de la prévention... Tu deviens une vraie adulte, Daria, avec de vraies phrases d'adulte. De toutes les époques, les moeurs des artistes ont intrigué, fasciné, inspiré les jeunes, mais cela ne veut pas dire qu'ils finiront comme eux!